Oil - ...
(17 février 2007)
(18:06)
62

tu vas t’améliorer de jour en jour. Solange n’aime pas n’importe qui.
la bouffe, le sable, Denis aussi aime bien.
- je ne jette rien, on peut toujours réparer
- laisse pourrir, au-delà je corrige

oui c’est vrai, soyons transparents
alors oui Sol, gratte jusqu’au sang et confirme, punis. moi je pleure. chacun son côté du lit.
(17:53)
61

Solange catapulte. Si tu m’aimes, va falloir que tu sois aussi.
(17:45)
60

Denis a ce visage introuvable, celui que l’on suit désespérément en fuyant l’inconnu. J’ai pas envie qu’on m’retrouve, là, en travers du destin comme un manche épelé qui stimule son langage d’onomatopées puantes et froissées. je sais encore dire je n’ai aucune réponse je m’emporte. ne me retiens pas bon sang pourquoi, pourquoi tu soutiens encore cette idée flasque que ce que la tension que mon cou exalte n’est rien d’autre qu’un vœu qui baille… sommairement.

et pas l’obédience de ma léthargie confinée dans un tuyau concis.
l’encre qui jaillit des soudures, que tu mettes enfin tes mots sur mes lignes – idiote.

c’est ton platane. Connor a su ; on égare toujours les gens qui savent.

Il serre des caillots dans ses mains, les poings, des bulles à travers les angles qui s’échouent sur la terre. Denis derrière les traces de crimes à chaque pas sur les trottoirs en cadence, nier le bruit, éviter l’émeute. dépasser la limite pour manquer le cran d’où il aurait fallu ne jamais avoir mué.

j’aimais Connor, lâche et révérencieux comme quelqu’un qui part. quelqu’un qui s’en va de tout. il n’avait pas d’incohérence. j’aurais peut-être dû l’embrasser moi aussi.
(17:45)
59

j’aime bien dire que j’ai perdu, c’est pas grave, esquiver les deuils. c’est un peu comme péter une boussole. c’est cassé. y’a plus qu’à suivre le soleil, comme Rahan. Tu as connu Rahan toi aussi ? le fils des âges farouches…
(17:44)
58

j’ai perdu Connor à cause de la censure. cette distinction chronique à ne pas contredire, à ne pas contrarier sans démolir, à produire du livide dans ses yeux quand il annule avec dédain le moindre soin qui vient se rompre sur sa moue. lui et Solange ça faisait deux mous. moi c’est pas pareil, c’est pas comme elle pense, je grince du cartilage, j’me bousille le roux.
mes gestes sont sémantiques, c’est tout. lentement.
(17:42)
57

J’avais un correspondant, Connor, un type de parent britannique. c’est lui qui m’a présenté Solange. ensuite je l’ai perdu. j’aimais bien ses poches mauves, ses paupières en broussaille d’automne et son rictus pâle, toujours pâle ; fabuleusement vide. elle l’embrassait sur la bouche, Solange garniture j’y reviens – l’appétence face au désarroi ou même l’insupportable possible d’une illusion incontrôlable…

gestes fanatiques.

elle m’a dit un jour t’as les os qui stagnent Denis, la carrure d’une gangrène affamée qui bute vaguement de l’épaule, opiniâtrement vaine.

j’ai pas su quoi répondre ; Solange parle aux images, force sa vue.tu te fous l’index dans l’œil.
(17:42)
56

la grimace, sur la grosse fleur, la où la taie casse les cils au repli des pétales, à l’endroit exact où je ne vois jamais ton odeur.
Je vais moche à ton égard qu’il se dit, Denis truand, l’amour ça rend mou.

t’as perdu ton accent.




… passer d’une couleur à l’autre, il faut environ une saison. ton pouls séculaire comme une daurade qui flotte son épave à l’air – givre.
(17:41)
55

c’était pour la morale globuleuse de ma salive. quand je regardais en amont, la bave tendre, dans une pulvérisation de soleils roses, toi.c’était avant les bourgeons sur mon crâne
(17:40)
54

la marchandise se fout d’ta gueule. Il y a les courbes molles et blanches, les coudées fermes et jaunes ; ton nom ne change pas.le gruyère en parois se devient translucide ; ton ventre est froid.
(17:39)
53

Denis regarde la coquillette qui rétrécit.
(16:57)
52

hey, t’as un cadavre sur la joue. quand tu souris, on voit que ça, ça fait ressortir les cuvettes de sous tes yeux. mais t’as plutôt bonne mine. un peu comme une bonne conscience Solange, les os comme des poils dépassant des paupières. t’as toujours été belle et ça t’a toujours emmerdée, que j’aime te regarder et pas prendre ton cul, civière.