Oil - ...
(13 octobre 2007)
(17:25)
72

est-ce qu’on s’habite mutuellement enfin j’veux pas dire mais je sens pas grand chose, je vois juste les distordances dans un temps ralenti qui m’appesantit le ventre vers un étrange mais très très étrange fracas – je crois

je suis pas sûr qu’à ton âge tu saches déjà. ça devrait te suffire.

ces jours-ci il y a quelque chose de furieux. d’embouteillé malgré le degré de sécheresse de mes bras bien qu’il semble que ce soit moi qui m’accroche hérétique avec ardeur au déjà mortel de mon placenta.

alors Denis supplante les options. peut-être pour la première fois.
comme si l’amour n’existait pas... parce que ces instants précis ont une valeur indéterminée. c’est évident oui mais pourquoi.
alors que t’as encore rien vu et qu’effectivement tu sais rien, que t’as jamais rien su.
(20 septembre 2007)
(19:06)
71

à cette heure-ci, c'est sûr

la confirmation du lendemain.
(12 septembre 2007)
(02:59)
70

la dévotion est en tout poing le bruit recomposé d’une fracture – et l’amplitude même de son éclat me dit que dans ton œil Solange, ce n’est ni plus ni moins qu’une compression de mes débris. d’où la tendance forte raison de faire de ses conserves les plus mobiles des réserves.

Solange se prive Denis,
.


remettre à plus tard la maladie. la prendre en otage et consommer l’incubation avec sympathie parce que je domestique mon ennui. ennui à savoir impossible. ennui à trou noir. ennui à vide. menu voyage, tout juste d’un pied à l’autre.
brique.

des écrans de pétanque où la cible mouille le sable. Et alors, il y a comme un tracé insurvoltable :l'impératif de l’hésitation dans un rapport poids / temps.
(30 juin 2007)
(08:55)
69

j'ai envie de vomir.
(08:24)
68

je te fuis parce que je ne réalise pas encore. tant que je ne te vois pas vivre tu n'es pas encore mort. j'aurais bien voulu te voir crever de mes mains mais j'ai peur, là, qu'il ne soit déjà trop tard

Denis raye un mot lucide. demain ce sera vénère

je ne me rappelle d'aucun fou rire ; ça n'existait pas avec toi, les fous rires



mais quand-même, se dit Denis, on s'est plus jamais dit au-revoir
(07:39)
67

ma femme ma bagnole.

Denis a une pièce cassée. l'utérus de machin.
machin l'objet - moi qui n'ai plus d'amour alors, maintenant, l'objet du lendemain, de mon - lendemain, ce moi mou qui s'entraîne à déloger la patte de la boue.

machin qui crache. machin qui nourrit un but, et Denis pas franc tireur a besoin comme on a tous besoin d'un truc.

machin narcissique. il y a l'objet et le don. machin qui se dit subtile, comme un genre de parfum, machin qui garde tout privé sur un trône ouvert Denis veut du don. cette chose qui ne t'appartient jamais, que tu soutiens mais que machin ne contrôle plus.

oh non plus jamais comme machin a pu croire qu'un jour.

joindre les bouts,
regarder cette connasse branchée sans orifice et chercher la plaie.

Denis la vidange traverse le crachin et machin le cratère à force de pousser toutes les pièces de son corps pour combler les trous.

ma femme mon cratère Denis plante la bagnole.

Flatulences de l'espace... l'angle mort c'est un peu la meilleure place pour constater les dégâts.

(05 mai 2007)
(14:15)
66

et putain, je parle même pas de où, qui sentirait presque le piège.

un trou qu'est-ce que ça peut bien faire quand c'est le quoi qui fuit qui me désespère... pire le quoi qui pourrait.

Denis n'est pas un flippé. il croit que c'est à cause de la lumière. parce que la lumière pénètre, l'air pénètre.
un trou c'est une fenêtre, on peut tomber d'une fenêtre.

la seule différence entre les sens c’est que Denis est un abruti qu’à l’inverse j'affectionne.

aimer c’est très facile, c’est dans le détail qu’on s’accroche, et dans les crocs qu’on crie famine.

et pour en revenir aux notes… c’est jamais bon de perdre ses clefs.
(14:09)
65

falloir.

on dirait un casque auxilliaire épuisé par les balles.
falloir. ouais.

un peu comme on conjugue la guerre.
ou se.

il paraît même que les doutes c'est pas grave.
ça réveille la poussière.
ça ralentit quoi.

j'y pense beaucoup...
(13:51)
64

mou – comme – odeur
va falloir changer d’artifice. renommer les grosseurs.

on va dire tel. ça sent la puissance, le piment des orifices, la petite flasque sur le cœur à l’endroit où le veston se troue l’humeur en fronçant sa monnaie coulante.

dysplasie chronique. parce que y’a presque une rumeur qui court, des trous d’air globuleux qui font croire au secours quand j’halète – si je mime à propos un silence absolument,

hépatique.

on va.
croit-elle encore joindre les bouts.

Denis dit : matte un peu le câble qui pend, là…

au scrabble, ça rapporte combien une section docile à deux notes de l’éclampsie ?
(03 mai 2007)
(15:06)
63

la piste. parution épileptique.
cage écureuils.

quand tu grimpais petite, je voyais ta culotte sans imaginer derrière l’œil le misanthrope et j’aurais bien voulu, maintenant, être et rester impotent comme avant le carnage, ou les regrets – appelons ça comme un aspect.
toujours seulement.

une quinzaine de marges que j’ose à peine me lever de mon lit. toutes ces choses moyennes, ces rêves – à reniflons – qui font mal à l’entête moi je, suis, devenu…

Denis. obsessionne.
des pages. une histoire. le déploiement du médiocre. une morsure, oui une morsure à l’intérieur ou plutôt une annulation.

un revenant publie sa vieillesse et je lis, voire mon temps, si le souvenir est le même en découvre que l’avenir est toujours un leurre. ça fait de nous des gens, point.
où étions-nous pendant la perte.

Solange se fait crever de faim – y’a quelqu’un qui parle là-dedans – quand personne ne fait nouvelle. serait-ce l’ennui qui déshabille ou Denis s’efforce d’oublier qu’il a su, pu, te regarder famine à travers des jeux même pas sales, même pas lisibles, impuissants d’impossible, impitoyablement fades se résumant sensiblement car il est dommage oui de conclure d’être curieux par une absence totale de merveilleux.

les années se dégoupillent, on dirait, petit à petit, du contact.
je peux mille fois faire comme si t’es mort. j’aime pas trop qu’on se rappelle de moi et t’en sais rien c’que j’mentirais d’abord. les profondeurs ne nous regardent pas et toi,

toi t’es juste un souffle, un apparat qui me fait changer d’air et prendre du recul, sale indic’, où j’efface toute trace d’odeur en commun.
(17 février 2007)
(18:06)
62

tu vas t’améliorer de jour en jour. Solange n’aime pas n’importe qui.
la bouffe, le sable, Denis aussi aime bien.
- je ne jette rien, on peut toujours réparer
- laisse pourrir, au-delà je corrige

oui c’est vrai, soyons transparents
alors oui Sol, gratte jusqu’au sang et confirme, punis. moi je pleure. chacun son côté du lit.
(17:53)
61

Solange catapulte. Si tu m’aimes, va falloir que tu sois aussi.
(17:45)
60

Denis a ce visage introuvable, celui que l’on suit désespérément en fuyant l’inconnu. J’ai pas envie qu’on m’retrouve, là, en travers du destin comme un manche épelé qui stimule son langage d’onomatopées puantes et froissées. je sais encore dire je n’ai aucune réponse je m’emporte. ne me retiens pas bon sang pourquoi, pourquoi tu soutiens encore cette idée flasque que ce que la tension que mon cou exalte n’est rien d’autre qu’un vœu qui baille… sommairement.

et pas l’obédience de ma léthargie confinée dans un tuyau concis.
l’encre qui jaillit des soudures, que tu mettes enfin tes mots sur mes lignes – idiote.

c’est ton platane. Connor a su ; on égare toujours les gens qui savent.

Il serre des caillots dans ses mains, les poings, des bulles à travers les angles qui s’échouent sur la terre. Denis derrière les traces de crimes à chaque pas sur les trottoirs en cadence, nier le bruit, éviter l’émeute. dépasser la limite pour manquer le cran d’où il aurait fallu ne jamais avoir mué.

j’aimais Connor, lâche et révérencieux comme quelqu’un qui part. quelqu’un qui s’en va de tout. il n’avait pas d’incohérence. j’aurais peut-être dû l’embrasser moi aussi.
(17:45)
59

j’aime bien dire que j’ai perdu, c’est pas grave, esquiver les deuils. c’est un peu comme péter une boussole. c’est cassé. y’a plus qu’à suivre le soleil, comme Rahan. Tu as connu Rahan toi aussi ? le fils des âges farouches…
(17:44)
58

j’ai perdu Connor à cause de la censure. cette distinction chronique à ne pas contredire, à ne pas contrarier sans démolir, à produire du livide dans ses yeux quand il annule avec dédain le moindre soin qui vient se rompre sur sa moue. lui et Solange ça faisait deux mous. moi c’est pas pareil, c’est pas comme elle pense, je grince du cartilage, j’me bousille le roux.
mes gestes sont sémantiques, c’est tout. lentement.
(17:42)
57

J’avais un correspondant, Connor, un type de parent britannique. c’est lui qui m’a présenté Solange. ensuite je l’ai perdu. j’aimais bien ses poches mauves, ses paupières en broussaille d’automne et son rictus pâle, toujours pâle ; fabuleusement vide. elle l’embrassait sur la bouche, Solange garniture j’y reviens – l’appétence face au désarroi ou même l’insupportable possible d’une illusion incontrôlable…

gestes fanatiques.

elle m’a dit un jour t’as les os qui stagnent Denis, la carrure d’une gangrène affamée qui bute vaguement de l’épaule, opiniâtrement vaine.

j’ai pas su quoi répondre ; Solange parle aux images, force sa vue.tu te fous l’index dans l’œil.
(17:42)
56

la grimace, sur la grosse fleur, la où la taie casse les cils au repli des pétales, à l’endroit exact où je ne vois jamais ton odeur.
Je vais moche à ton égard qu’il se dit, Denis truand, l’amour ça rend mou.

t’as perdu ton accent.




… passer d’une couleur à l’autre, il faut environ une saison. ton pouls séculaire comme une daurade qui flotte son épave à l’air – givre.
(17:41)
55

c’était pour la morale globuleuse de ma salive. quand je regardais en amont, la bave tendre, dans une pulvérisation de soleils roses, toi.c’était avant les bourgeons sur mon crâne
(17:40)
54

la marchandise se fout d’ta gueule. Il y a les courbes molles et blanches, les coudées fermes et jaunes ; ton nom ne change pas.le gruyère en parois se devient translucide ; ton ventre est froid.
(17:39)
53

Denis regarde la coquillette qui rétrécit.
(16:57)
52

hey, t’as un cadavre sur la joue. quand tu souris, on voit que ça, ça fait ressortir les cuvettes de sous tes yeux. mais t’as plutôt bonne mine. un peu comme une bonne conscience Solange, les os comme des poils dépassant des paupières. t’as toujours été belle et ça t’a toujours emmerdée, que j’aime te regarder et pas prendre ton cul, civière.
(17 janvier 2007)
(04:51)
51

ce sont toujours les lèvres qui manquent. au plus vrai de l’odeur. ta bouche qui sent bon l’instant, l’intérimaire…

me loger à la fourche et soupir, aimanter mes genoux,
la renverse coude à coude,
je ne sais pas ne sais rien, invente, la magie, un pic

de sueur au penchant de ton cou, ton intérieur j’irai
 jamais, elle dit.

Pourquoi le rêve à l’air grave, où j’aimerais tomber de mon lit sur tes pieds, parfois, pour y vivre autre chose que ce sommeil à hélice
la délicatesse de l’oubli, de l’absence, de ton pas que je n’écoute à vrai dire
pas plus tard que celui qui secousse les draps sans ombre,

l’hypnotique remous au travers de mes jours, qui se ressemblent sans indices.

t’embrasser, certainement par là-bas – et revivre un droit qui n’existe, hélas, qu’à plat, dans l’interstice.
(03:52)
50

l’image flottante, le désert collant léger qui s’effrite – tu mangerais tes doigts à force de croire au nuages.
(03:48)
49

grincer des dents la caresse.
oui.

la température ambiante de nos cafards, cette constance indélébile qui fait le plaisir même dans l’irréversible plus jamais. cette puanteur éphémère dont l’amertume s’applique et se scelle au destin – comme une faute, pas de goût mais d’emploi du temps. la nuit j’ai tous les droits, quand tu dors, même loin.

l’idée qui trempe la culotte. comme on vide une baignoire d’eau sale. comme on tolère que l’écume reste, pour un meurtre à l’eau froide – le dégoût ça en jette.

You’re sorry for being so untrue. Denis n’est pas novice. Je sais que tu ne cherches même pas d’excuse. je peux pas crier.


les piscines municipales sont des gouffres. Tu te souviens de Louis ?
on peut pas oublier un type comme ça, au cordon réfractaire et à l’œil moite. Le type qui rétrécit au fond du bassin parce que tu le regardes sans désir, jamais.

Denis fait la planche. le nez, la bite. faisait mais reste en surface. comme la peau du lait qui tapisse mon palais jusqu’au soir, que je suce et re-suce comme une arme blanche en travers de ma gorge.

Denis se mouille jamais.
jamais.

Il faut en parler pour ne plus en avoir envie. et la pomme rougit.
(03:30)
48

une pomme près du téléphone.
une pomme électrique.

elle avait sa main dans la culotte, d’idée fixe, en serrant les cuisses, sa clope, le clavier et Dinah qui Cry Me a River bien trop gaie - pour s’enfoncer dans les pleurs à propose de.

Denis toujours, il aurait bien aimé.

You drove me nearly drove me out of my head while you never shed a tear
Love was too plebian.

la plèbe, qu’elle se dit. j’aimerais bien jouir, adieu.

une pomme ça dure longtemps. même flétrie, elle garde un goût de pomme.

tout ce que t’as pu dire immobile, sous prétexte, avec la panique attention de démordre, tout c’que t’as Denis, c’est un chorus mineur derrière chacune de mes phrases – drôles tu dis.
Il faut que tu saches, en vain, le fond frasque, toujours, celui que je pense, tu dis que je prétends, j’arbore, du minable, du cortège qui s’apprête. j’te vomirais, et tu guettes mon chagrin

être attendri, c’est pardonner. Denis aime pardonner.
Denis débonnaire, sentencieux. on dirait un James Bond, vieux.
(16 janvier 2007)
(22:29)
47

malgré moi je te cherche.
je te cherche te cherche cherche.

c'est pas du vrai dans mes soupirs,
tu entends?

je veux une réponse, MAINTENANT.

et encore...
(11 janvier 2007)
(02:07)
46

c’est beau les gens, l’amour de loin qui congratule,
gratuit serein qu’on ne se touche à quoi bon lors d’être méchant, hein ?

l’inconnu c’est tellement propre, pas propre sans teint
c’est pur.
si pur
ô combien – pur.

regarde un peu Solange, qui dégueule. console, épèle, que je sache bien, combien oser montrer son impureté est un indice de pureté.
elle n’est pas insignifiante mais inutile, Solange. on n’y croit pas.

l’amour sans les symptômes, les gens de loin.
la terre promise. qu’a jamais reçu un de mes postillons de haine dans la gueule. parce que je te déteste et j’adore t’aimer sans raison.
fallait pas me dire au conditionnel.

JAMAIS.

moi j’ai pas de conseil à donner.
j’ai un conseil à te donner.
je t’aime.
alors fais gaffe.
tu ferais bien de déguerpir de ma vie.

« je t’abîme » court-elle en ouvrant les bras contre moi.
le b. chapeau. congratule. ma bite c’est du pipeau.
faudrait rien dire et pas donner.
faut tout comprendre
faut pardonner.
c’est pas grave tu comprends ? c’est pas grave, ta douleur.
une blessure d’amoureux c’est mignon. qu’elle disait la Sole.
qu’est-ce qu’on fait quand c’est tellement pas grave qu’on n’en veut plus ?

Denis. j’en veux pas de tes nouvelles. Denis s’indiffère et ne voue à Solange,
Vas.
je te laisse ton nom.

de toute façon j’oublie tout.
ça s’appelle l’ivresse du merveilleux, la liberté du mièvre, mon appendice vertueux – en pièces.
Moi jouir. Ma queue. Que moi.

Toi.
toi tu me manques pas.
ce qui me manque, c’est pourquoi.
pourquoi moi non plus je te manque pas.

pourquoi c’est tout et c’est comme ça.

nos vies respectives on s’en fout. aimer. ça te donne juste le droit de rien respecter, celui d’être loin et fier de toi, la faiblesse protégée par des lois communes, trompées, divisées, les miettes dans les draps et Denis peut dormir, Solange peut dormir, on rêve encore parfois.

et après.
et avant putain.

Demain, c’est comme si t’avais jamais fait partie de ma vie c’est dingue ce trou.
La structure de l’homme c’est un monde creux - je ne connais personne.

attendre l’utile ? faim de quoi, quand tout ce qui rentre ne meurt pas…
la vie s’échappe ça s’est sûr en creusant des trous, dans ton estomac.

Hémorragie imberbe. intime au crible j’ai le crime qui bave, interne, et j’attends que ça sorte pour l’instant c’est trop clair, ça m’étonnerait.

Denis pas même une morsure, plus qu’une langue pour tomber l’ongle.





(05 décembre 2006)
(22:42)
45

subtilité de la roue qui tourne.
libérez les hamsters.

je rentre de guerre.
je vais te défoncer ton gros cul.
(22:42)
44

vroum vroum.
(22:40)
43

la pesanteur dans l'arachide.
et la gravité en pommade sur la langue.


l'estomac.
me pend.
(22:39)
42

je bois de la Despé et je me putain mande pourquoi t'es dieu pas encore mort.
(22:36)
41

réaliser à quel point tous les jours je suis né trop tard.
(01 décembre 2006)
(19:31)
40

toujours pas de fièvre et pourtant.

tout est en train de mourir.

même le manque de temps n’a plus le goût de deuil. de toute façon ça s’est trop dit, que c’est ce qui ampute les orteils. c’est la mort dans ton cœur oui.

molle la chandelle sans vœu de pitié.

Denis passant murmure

« toi, toi, toi… toi tais tes yeux putain »

ça fait combien de temps que je suis pas rentré dans une église ?

le monde à l’imparfait. j’aime bien, ça me fait des ballades, en moins sacrificiel. l’avenir je suis déjà , en plein, et dedans ce n’est pas mieux qu’autrefois. brûle ses dernières plumes sous les bras ce que la pudeur d’instinct simplement laisse à hauteur du silence.

j’ai plus d’antennes.

Prosper, défait ses lacets à genoux et s’enfile terre à terre deux ou trois jours de misère – pour m’ajuster – dit-il – le caillou sur les nerfs.

encore que l’indifférence se manifeste.

cela dit il aura fallu plus de vingt ans à Prosper pour manifester de ne pas manifester, de ne pas faire la fête, de ne rien ni même pas, sans déconner.

disparition. phénomène reconnu dès la manifestation du manque.

autant dire qu’à l’ère de l’aspartam c’est pas la langue qui décolle.

même si tu bouffais la terre entière pour un sucre, un thermomètre planté dans une carie plantaire.

anémie globulaire.
tachycardie pustulaire.

le givre s'est installé - c'est bien ma seule rigueur,

Denis said.

(19:28)
39

(19:23)
38



(12 octobre 2006)
(06:24)
37

Prosper n’est jamais dans les couloirs. Il est assis là, où Denis s’emmerde, où l’on regarde passer de vies à vies des offenses, des sourderies qui enfantent l’ennui, l’amalgame et la décroissance de l’envie.

Tu trempes ton croissant dans le jus d’orange toi ? non mais ça m’indiffère, dit-elle en époussetant ses doigts.

Denis n’a rien pour qu’on le remarque. Mais on remarque quand même. Je reviens avec ces histoires d’adultères, les degrés pensants qui vous grattent l’ambiance comme des pluies hésitantes, acides, brûlantes, et inutiles. Pour ajouter que Denis a copié ses goût, de préférence les plus délétères, dans l’optique de foutre son petit déjeuner en l’air.

Et pourtant il faut tremper ses doigts, aussi, pour ramasser les cadavres flottants accolés aux yeux gras. Il ne terminera pas.

Je t’embrasse comme je pose mon verre dans l’évier. Il n’y a pas de blanc dans le mobilier chez Denis. Tout se confond dans la couleur, après tout ce n’était qu’un baiser, comme on pose son verre dans un évier. Un baiser débarrassé.

J’en remets une couche avec une manche, deux manches, des poches pleines de papiers. Si Denis fait le tri c’est pour ne pas tout jeter d’un coup. Ça m’occupe de regarder ce qu’il s’est passé dans mes poches de temps perdu, de monnaie gagnée, de boulettes froissées dans l’attente, parce que ne rien faire j’ai oublié. Je préfère me faire chier.

Ah tiens – non,
Au fait – quoi encore ?
Et si… ? ne pose surtout pas la question, lui dit-il. Je sais.

Baiser détaché de la bouche, petite miette de croisant sur la pulpe du majeur. Très important le majeur. C’est le doigt du voyage. Hier encore elle, étrange au bout. Et bien oui Denis, c’est tout.

J’oublie quelque chose tous les jours. Qu’est-ce qu’il y a d’autre bon sang, qu’est-ce qu’il,

Les atomes tendus, lâche ma main Solange. J’en veux pas plus qu’hier.

Dans le bus Denis a le bras qui pend, et le cou qui rentre dedans. Il regarde en travers la sangle du sac d’un élève content de rejoindre sa mère – qu’il imagine, j’aimerais bien rejoindre quelqu’un d’aussi provisoire que cette joie de retrouver du plein sinon des provisions. Il est presque midi, il y a beaucoup plus de gens qui sourient. En travers du travers ce n’est pas le sangle que Denis regarde mais les pieds lancinants du gamin, puis en haut du travers c’est la gorge du dindon. Moi je ne bouge pas, c’est le bus qui dérange, j’entends pas les violons mais je rêve d’une caresse douce pour m’y écraser la joue.

Les invalides. Beaucoup d’espace.
Je lui aurais bien dit je t’aime comme si j’allais revenir.

Une valse, j’ai envie d’une valse dans mes affaires. De changer d’odeur. Denis sent le beurre entre ses phalanges, le souvenir le plus précis de l’instant c’est l’épisode du croissant, parce que ce qui se démarque toujours c’est le point de rupture. Les limites de Denis. Il faut dire merci quand on se rencontre à la différence. Je redoute le prochain verre de jus d’orange.

Denis n’aime pas les draps blancs. Il se voit trop.

C’est l’autre qui fournit les questions, ces satanés miroirs qui vous font changer d’ambition. Qui vous coupent l’appétit. Et la fierté creuse le ventre de Denis. Je l’ai quand même embrassée. J’y suis allé lentement, ça m’a brusqué je me demande, à qui la faute, à celle de l’aveu ou celle de la réalité ? qui a raison ? y’a pas d’raison… du pouce à l’index je raccorde mes yeux.


Denis s’est échappé et n’a pas su quoi dire à rien. Tous les jours il faudrait rester un peu plus.
(06:20)
36

(11 octobre 2006)
(05:41)
35

six accords de violon, pour recommencer .
tu veux que j’te dise, il se passe pas grand chose dans la constance que cette conscience maladive à se souvenir d’à-côtés distants.
des tronçons parallèles, même pas des visages.
des gens que t’as envie d’approcher et t’as pas le temps de t’y intéresser, mais l’amour quand même, personne ne peut dire comment ça se donne, comment ça se prend, comment ça se reçoit, comment ce qui s’écroule modifie une loi.
tu peux lire des millions d’histoires, tu peux même en vivre.
t’a toujours l’impression d’être à l’écart, pas forcément de l’amour, mais de quelque chose de plus capital, de plus mémorial.
ta vie ton œuvre tes visions.
témoigner de quoi, j’ai pas appris à regarder sans moi.
la poésie, mais qu'est-ce que tout c'que ça peut faire et puis laisser sans voix.
(10 octobre 2006)
(07:50)
34

putain j'me les pèle.
(06:40)
33

je ne sais pas qui disait l'autre jour que ça allait.
d'amnésies résiduelles.
une dent meurt, et puis elle casse.
qu'est-ce qui n'est donc pas encore mort...

Sacha Guitry disait "être en couple c'est avoir des problèmes qu'on n'aurait jamais eus si on avait été tout seul".
en relation suffit.

Denis n'est pas triste parce qu'elle est partie, il est triste parce qu'il n'a pas été assez fort pour la retenir.
toute relation se résume à ça. la concordance des temps de son malheur en rapport avec son jeu d'action - à Denis. comme à l'occurrence d’un état monotone, les copeaux de sourires furtifs, polis et sériels, c’est la preuve instable que l’homme n’est pas assez solitaire pour admettre qu’il se contente de peu et du pire sans jamais être content du contenu , du contour et du contexte. démentir l’anticipation, pas mentir ; gagner du temps : ralentir.

plonger, partir.

Denis se réveille encore une fois. tous les jours font office de misère et ce serait bien plus simple de ne rien appartenir.

et le truc invisible qui rattache, à ne pas rendre, jamais, à ceux qui se détachent ou alors – elle s’est taillée, elle a même pas laissé une miette - la salope

si on rit que l’entourage est un banc c’est bien parce qu’on a tous le cul plein les échardes, dit Denis. sur un banc sous un pont. où tu vois valser des individus ponctuels. des sots comme on se lance nos larmes à la gueule, les dictons rouillés de viscères pâleurs, même le sang est mou.

tous ces connards qui croient percer un trou dans la flotte, au moins, comme s’il y avait un lit pour toi quelque part, personne.

un banc de connards sur la vague. et Denis le poisson les artères.

Au 34ème rang des songes, le fleuve a comme une hélice. j’suis sûr qu’il y en a qui pensent à dieu quand il commence à faire trop froid pour se laisser crever. la crue des ressuscités.

elle a quitté Denis parce qu’il se battait pas. elle le reprendra pas parce que si, il se bat, mais pas pour elle. y’a rien de romantique à bouffer la même merde. il la reprendra pas parce qu’il s’est soutenu sans elle. en fait.

les faits sont simples.

unilatéraux.

une fois qu’on a vu ça, on ne voit plus rien d’autre.

les dommages collatéraux, personne n’en a rien à foutre.

(11 septembre 2006)
(06:36)
32

It don't hurt anymore All my teardrops are dried No more walkin' the floor With that burnin' inside Just to think it could be Time has opened the door And at last I am free I don't hurt anymore
No use to deny I wanted to die The day you said we were thru But now that I find you're out of my mind I can't believe that it's true I've forgotten somehow That I cared so before And it's wonderful now I don't hurt anymore

linlinlin et pourtant.
(07 septembre 2006)
(04:27)
31

va falloir y mettre quelque chose dans tous ces orifices.
où sont les câbles.

passeoire, dôme, ciel étoilé, râpe à parmesan, salade rongée, mon cul, ton sexe, ma bouche, les chiottes, tu m'écoutes, et les couloirs blancs, ces lits comme des rangées de sapins gris aux guirlandes transparentes, les liquides,

on ne sait pas dans quel sens va la vie.
(05 septembre 2006)
(05:38)
30

how to disappear completely.

ce que j’aime avec les nappes c’est l’acouphène.
si on avait le courage de ne pas s’allonger…

je manque d’abandon.

parfum de pluie sur les cols gonflés de mèches goutte à goutte tes lèvres incarnates, ne rien perdre, pas même l’évaporation. la rétention du dernier souffle, pas d’oubli, comme si c’était ça les bulles d’air qui se collent sous la peau, l’essentiel. la réserve. de quoi, d'illusion.

la perfection ressemble à l’indépendance d’un coma profond.

C’était interdit pourtant on se tenait la main entre nos cinq ans et nos deux fonctions pendant que soixante enfants regardaient un même film juste avant le départ. On se parlait pas micro-pressions moites sans croiser nos regards, en panique transgression dans un érotisme barbare… à douze ans tu t’abandonnes plus aisément aux courts instants de passion parce que tu es capable de rester en friche très longtemps sans pleurer, il suffit de fermer les yeux. Adulte il te faut l’odeur, une fièvre, une douleur qui imprime de même que tu parsèmes de traces la mémoire collective de ton périmètre de sécrétion aussi vaste qu’un quartier d’orange. Je salivais des veines, culotte inerte avec ce sourire indemne à l’heure de séparation, dix rangées de sièges bleus confort ; ça ne faisait pas mal d’avoir été si bien… ça ne faisait pas mal de savoir qu’on oublierait peut-être ou pas. Je me faisais confiance, inconsciemment, sans effort de collection. Un sourire, les yeux baissés ; un soupir, les vœux blessés. Toute la transition du point virgule qui n’en finit pas. Le sourire d’une histoire qui ne commence pas n’a pas d’âge, c’est peut-être pour ça qu’il est si important, tu peux te blottir dedans, à l’aube toujours, là où tu as le temps. L’excitation c’est l’intime conviction. C’était interdit, on était déjà loin. Avec une main. Ça peut pas durer longtemps, l’amour dans une main, en dehors de ça. C’est un prélude. Un avant-goût de l’élimination dans un gros morceau de lumière.

>
prélude(nom masculin)
Ce qu'on joue sur un instrument pour se préparer la main et se mettre dans le ton.• Pièce musicale qui en introduit une autre ou se suffit à elle-même.• [sens figuré] Ce qui précède, ce qui prépare une chose.

orange. J’aurais aussi bien pu dire melon.
les sentiments trop simples ne sont jamais importants.

je manque d’irréel.

on ne compte que les trous, ne voit que par là les câbles invisibles, tout au long du méat court la relation. et puis tu ponds toujours des nœuds, de couleurs différentes. c’est ce qu’on appelle l’aura sans doute, tes capacités de création, en fonction du jeu qui t’entoure.

le gruyère rapé
c’est plus facile de ne pas louper une aiguille

allure concassée
corriger l’imperfection avec la violence du mensonge dans mes mains qui te massent te pressent te nourrissent te branlent et te lassent.
une larme par ampoule et les idées s’effacent sobrement de l’impasse parce qu’il n’y a pas de conclusion mais des enceintes abattues.

et la ruine dans mon pouls me fait trembler d’amour
ou peut-être de honte, finalement.


la figure du manque et le flou au-dessus de ton cou, bien qu'obstinément je me souvienne que la mémoire ne justifie pas les trous.
(05:15)
29

Petits points et Larry enserré s’étalait les fesses sur le plastique noir de sa chaise. Recouvrir une chose au moins et y faire masse. Open place, empty face. La lumière dans l’oeil c’est pour les cadavres, t’entends? Pour les proies dans le noir, alors je me tais.
La Ride venait de parler de sa grand mère en disant « p’tain c’était y’a quarante ans, ‘voyez comme je viens de loin, je connais mon métier ».

Putain
. Il avait dit putain devant Larry. Il avait dit putain en lui demandant du pognon, pour la société.
Il avait dit je suis.
Mais pas pour de vrai.

Le truc avec la mousse expansive c’est le bec érectile d’où jaillit la matière, celle-là même que je verrais bien enfoncée dans ton gosier.
Même les aiguilles ne sont pas transparentes.
Une porte ouverte et le bruit de la rue, La Ride ne trouvait pas de silence pour sa concentration.

How are you ? You are nothing.

Rien c’est la seule issue. C’est au départ un truc désobéissant, et invisible. Mais on te demande d’être vivable, rien que dans l’aperçu.

Larry se lime l’uppercut.
(22 août 2006)
(21:39)
28

putain on est déjà le 22.
(21:36)
27

Ça passe plutôt bien finalement.
Et c’est bien parce que ça passe que scandale, plaies ou pire se soudent comme des bouts de scotch hygiénique en travers de la peau. Trop droit sur le torse ça ferait pas désordre mais…

J’aime bien ton regard qui flotte. C’est comme si on avait les mêmes regrets, reconnaissait les mêmes impuissances, impossibles, passations censurées, c’est comme si tu savais avant moi à quelle heure j’irai me noyer ; ça me rassure. Il n’y a pas grand chose qui s’ajoute comment dire, ce qui fait l’intérêt de la poussière c’est qu’elle évite toute agglutination avariée ainsi donc ça ne colle pas, ça rampe à nos pieds. Et la putréfaction des colonies soupirant – après ça on nous dit qu’on sait pas s’amuser. Je crois surtout qu’on sait pas s’en passer.

Pourquoi dire du malheur quand personne n’exprime autre chose. Réunir la douleur comme on enterre un mort et je n’aime pas les deuils, ça m’efface les effets du souvenir. Des longueurs entre les côtes tu suffoques, je me sauve vers un autre jardin, les talons font les puits je peux pleurer dedans et tu couvres tu couvres mon visage de terre, je n’ai pas mauvaise mine c’est Prosper qui déteint. Prosper qu’a pas peur du destin. La chaîne ganglionnaire dit-il ce n’est rien qu’un long fil en travers de ses nœuds. Combien de fois se lave la carapace…

Entre les mots, entre les points les côtes hein, les espaces flous, la distorsion des longs couloirs et la vulnérabilité de chaque courrier qui se froisse d’un soin à l’autre, ce n’est pas que ça me lasse : je ne ressens rien.

A la limite des oies.
- ou l’exigence du sensible fait-elle l’indifférence… comme l’appétit d’indicible.

Il n’y a pas de justesse, que des personnalités. Il y a donc des confrontations solidaires. Qu’est-ce que tu viens m’emmerder, avec ta solitude que je bouffe la mienne, les horreurs manifestes on n’a qu’un seul soleil en surplomb et on pète nos lèvres, que dis-je, toi comme moi on sait pas être aphone. J’aime bien tes cheveux dans le vent, ça te balaye le front. Oui on dit mais qui t’es toi d’abord et personne n’ose savoir la suite. Je pourrais bien me perdre dans toutes ces lumières que tu prétends mortes je vois pas je peux pas anticiper pour toi, je peux pas chiner l’erreur, m’empêcher d’avoir envie pour toi, tu comprends ? si t’es là je suis un mur je m’évite c’est tellement malhonnête, j’aimerais bien y survivre.


La vitre n’aime pas les fronts. Ou peut-être qu’on appellerait l’amour de l’audace, comme un oiseau fou poursuivi par une balle… l’amour ou la maison d’en face n’est qu’une saison, un hasard, ou l’heure d’aération viens voir comme on étouffe, la poussière…

Le hasard où dis-moi…

Pénétrer pénétrer pénétrer tu sais pas comment dire comment c’est l’intérieur sur le bout de ton sexe. On ne se parle pas on fait seulement des bruits. De succion. De grandes aspirations – indéfinies n’est-ce pas ? confuses résultent de l’incommensurable périmètre de sujétion et des cubes dont les tons passent. Monochromie de l’hécatombe.

L’impulsion nerveuse tes gestes. Coincer les pistes, recycler les naufrages.


La pauvresse de mon état d’esprit et l’anonymat du langage, tous ces jours-ci dommages qui programment la réinsertion de la vie

. assez maladroitement il semblerait


(07 août 2006)
(22:15)
26

peut-on dire de la fuite que c’est une dimension.

qu’est-ce que l’opacité sinon une pâleur défalquée qui ressemble à l’aride profondeur d’une tranchée ombragée par des cils au seuil de ma vue ?
la foutaise de l’âge, ce qui dort à n’en plus croire un jour que l’on peut marcher à travers des brumes en montrant l’absolu, une silhouette en marge de toute distinction qui s’accroche à la peau comme une cicatrice dont on a perdu l’arme – en joug

. et le sourire en punition remonte à toute morale les couleurs du drame tel un fard, comme les traces d’un cri sur le point de rougir d’extinction

encore un espace d’épaules enfumées, le dense, l’opaque entre deux pôles et je dirais que les nuages ont la main lourde sur les visages, tu sais

. comme le trouble matinal dans ton regard quand tu ne sais plus où gît la solitude ou si c’est la maigreur des draps qui fait des rêves une absence de repères


la confusion a des allures de beau mariage, toutefois

. à mi-chemin entre l’éveil – et le vain

(27 juillet 2006)
(06:11)
25

je ne sais pas pourquoi ça me revient toujours, presque comme une comptine, tes valises désertes comme des lits de présent, je t’emmènerais au loin, la passion de l’amour et la pression des actes en plein cœur de la gorge ; la déglutition âcre du vautour comme la seule et modique raison de cette accoutumance

. à te prendre inlassable
. à obéir au doute sans les moindres pulsions
. à te haïr encore même sourdre même sobre
. à trembler chaque fois que quelqu’un dit ton nom

chaque syllabe est comme un coup de dent.
la ponte des abcès.

l’autre jour je pensais que la sueur n’avait rien d’amoureux que le geste savant ne sache pas sourire.

ce que j’aime dans l’amour c’est l’illusion intense de tirer du plaisir de mes capacités – d’imagination

. l’embrasure des portes et le regard de Dieu qui jubile au creux de tes narines


l’art de la suggestion, l’or qu’est la sécrétion et ce cadeau immense se contracte, pire qu’une maladie dont on ne doit pas pâlir – l’histoire, la minute de réverbération.

- dis, toi aussi tu as vu la lumière ?
- de quoi, l’orage des fortes chaleurs ?

. l’âge nous aveugle, mon amour, de présomptions
. l’indolence à tâtons réhabilite – les heurts de gloire du romantisme
. pour peu dirais-je, que quelqu’un puisse encore me parler dans le noir – sans qu’on se coupe la langue
. ton sommeil ma mémoire sous des pleurs maladroits


c’est la voix du plus fort qui éteint nos faiblesses.

(25 juillet 2006)
(04:07)
24

les couloirs ternes. ça prend pas les empreintes... on se sent à l'abri moins fragile et puis peut-être moins

. salissant
(03:55)
23

ça perle dans les yeux, ce qu'on crache au visage, qu'une main peine d'amour efface, pénètre l'aveux et masse des joues blanches jusqu'au cou pendant que l'on se quitte, en sueur, pour l'honneur ou le décès précoce d'une centaine de bancs sales ou morts, qui d'ailleurs. à d'autres l'épine en silence, dorsale comme un songe te brise le cou... sûrement que celle qui répare c'est l'absence de position.

. ou le manque d'indifférence, qui rend fou
(21 juillet 2006)
(19:40)
22

hin - hin - hin - c'est quoi qui coule comme ça des racines la chaleur...

le vent t'épilera.
(20 juillet 2006)
(04:21)
21

un nouveau solstice. le seul extrême que l’on voudrait subir, et se laisser vivre à en tomber malade indépendamment du contraire, cette fois ce serait sans doute moins défait que les jeux habituels… mourir dans d’autres bras que les siens de prière,

ça me branche à combien de loirs, ça… des terriers inconnus à portée de quoi…

la main franche sous la drogue ce n’est pas son peu d’aide, c’est regarder les yeux qui s’éteignent devant soi, parce que demain.

au moins ça, d'où on est seulement sûr de soi des secrets à ne pas franchir, à aimer sans sursis.
(04:18)
20

sinon cette tension, et son goût soudain d'essentiel, en autres choses... combien je pourrais te dire de fois... des fois que...
tout ce que je ne sais pas que tu saurais inventer, comme j'imagine que le degré des jours t'appartient,

. surtout quand il fait noir, comme ce matin.
(04:12)
19


aller et puis quoi encore à moudre des heurts les décortiquer pour en faire des bijoux ces familles atrophiées pour toujours de quoi conter les aubes heureuses à déduire de l’histoire. en annulant le mal on arrive, à se rendre compte qu’une main n’a parfois dans ses airs de passoire que des trous décharnés. même pas des trous agréables, ils t‘écorchent. toi t’es là t’écoutes un rythme où tu penses que chaque berceuse a son destinataire et un jour tu souris. endors-toi bon enfant ceux qui veillent ce sont les complexes, les tiens comme des bains. peut-être qu’en noyade ça rappelle cette idée du plein, qui manque comme les rimes d’une barque. peut-être qu’on veut pas de secours, que crier n’est que le propos d’une gêne aussi sourde qu’un poil entre les orteils, l’interstice. l’incarnation qui démange les gouffres. les espaces de stockage, c’est pour récolter le fond. ces choses qui se greffent quand tu dis Amen. et devant l’important tu rougis, tellement tu peut débiter de conneries par ce que l’essentiel va te crever la bouche. c’est pas nouveau. et ce manque d’énergie, de surprise, c’est un peu comme cette espèce de plaie qui s’accorde à ma vie.

une chanson douce, et la plage d’excès. la vague qui te fais tenir debout,


- en sueur.
(03:53)
18

je sais...
(13 juillet 2006)
(19:07)
17

ouais je le dis cette fois.

je vais fuguer.

avec mon orgueil désespéré.
(06 juillet 2006)
(16:57)
16

le temps se délibère à ma porte cependant que j'avale la clef.

. latitude frontale
. l'envergure de ta poche où je préfère oublier
. tes doigts sont sales je salive à l'idée

lécher la déchéance et me coincer la langue, dans la serrure d'une aorte.
(16:43)
15

ta nation au présent ; passoire à journées d'assise, qui tangue sur l'overdose, d'inquiétude, d'amertumes acheminées, transversales, vers des horaires, décalés, des quignons de souvenirs si durs en des miettes secondes similaires, fractales, que j'adapte à ma perte.
(16:14)
14

on entame le deuxième mois, avec sa lenteur abrégée et les arêtes éclatent dans les escaliers.
de quoi j'me charge.

alors ça fait ça de connaître la date.
j'ai pas titubé à tort, c'était comme Quille dirait une montée du sort.

...

elle voudrait bien se coucher, Quille. On pense jamais qu'on peut faire ça un jour,

. devenir


. un truc pas permis
. un genre d'aller simple qui rabote
. les gonades? les ovaires?

Quille debout c'est malin, ce jeu-là est très nul et il faut amortir ses godasses.
l'envie de vomir c'est un peu comme l'entrain.

moi je dirais, que c'est exponnentiel.

en attendant les gens passent des cratères dans la tête tandis que sur les murs pourrissent les lieux - d'un état dramatique.

(16:10)
13

little voice is back.

et la panoplie en travers. de que dalle. parce que y'a rien.
rien du tout.

no sing.
(05 juillet 2006)
(19:39)
12

Les réveils criblés de nage.
(30 juin 2006)
(01:38)
11

merci de sous mes paupières closes d'encore
(29 juin 2006)
(14:04)
10

Mais Ursula - parfois quelques enfants sympas.
(10:19)
9

dans l'ivresse mon amour le déluge solide et mes yeux qui parcourent les plis en travers de nos âges

ton âme, où ça?

ce n'est pas de détruire ce n'est pas de construire le propre du courage habille l'entretien ; c'est si doux l'abandon, le sillage aux joues libres comme un trou, cher à la nudité, cette façon de s'aimer décalé de tout

. de l'immonde surtout
. et de se croire au-dessus du doute, par mépris, par colère
. par panique de l'humiliation

voyeur épris de sens n'a plus aucun présage de la même façon qu'il est déjà bien tard.


la pisse de dieu s'évapore du cou par les cheveux mon amour où s'attache l'idée

. du pouvoir sur la perte
. du recul comme du tout savoir

mieux que ; c'est tellement fatiguant de se chercher sans cesse pourquoi on reste calme


. et ne rien demander à personne, juste se comparer
. et gagner un sursis à ses lois


J'ai entendu aujourd'hui ce n'est pas qu'on est plus ou moins fort que les autres ce qu'il faut

. c'est être plus fort que soi


le devoir est une chose délicate qui se brise aussi facilement que la volonté ou bien même l'espoir d'où l'à quoi est-ce qu'on saute et puis fête l'élan d'un énième cri précaire en-deçà des orteils, qu'on retient en levant

. l'oeil au ciel seulement pour ignorer les cendres et la boue effaçant son prochain

. inutile pour les vaches, le plan de bataille...
. tyrannie du déjà


Le matin tous les gloussements sont rauques.
(28 juin 2006)
(15:51)
8

J’me disais viens, reste pas là dans ces couloirs à sucre, ces champs de cannes aux ombres délétères. On touche on pousse on rase les murs.

la peine a pris des ailes le plat se dérobe
à l'air de regarder le noir et qui pioche la peau
- se dégage -
et je grince des os comme des gonds peints recouverts de surface,
tu laisses comme un flou.

on s’enfonce si vite dans la chair

. il suffit d’être, juste une seconde, pour une mise à nue et crever de plein droit l’impuissante tendresse d’un orgueil cerné de glace, comme on incise une tranche de foie.

. on ne tue jamais lentement qu’avec de l’amour ; tes larmes de vinaigre

mais personne ne lira la lueur des fous.
(04:23)
7

un peu

c'est toujours d'un peu qu'on distille une proie
(04:00)
6

Il est quatre heures peut-être déboire, et Joe a cédé mon haleine. Alors la pâte entre les dents ; c’est un jour de prouesse où les histoires n’ont pas l’encre ni des éthers l’ourlet méticuleux – la perfection nous gâte.

. de salive sur replay, au repli des empires désolés.

Ça fait vraiment désordre, cette absence factice.

. et ton foutre mon jeûne en lagune oculaire je voyais à travers les brouillards un peu comme des fils, des odeurs sans orages qui pointaient les collines – tu sais, ces horribles voyages que je n’ai pas eu la force de te secourir,

l’accident qui échappe au cordon d’une route.


. Joe – le désastre à l’enquête.
(27 juin 2006)
(18:06)
5

.un peu comme un élan très grave - tu comprends.

Et puis je n'ai toujours pas retrouvé la fille - un peu comme si j'avais perdu le sein c'est facile, de dire "ça" - ce qu'on ne traitera jamais d'oubli ou peut-être nomme t-on - se détaille.


Du coup, je me sens très chatte sur la taie, à décrire les volutes, mirages et autres débats à qui je ne saurais quoi défendre du poing. J'avachis les virgules, donc, et les aléas.

. de ma vue qui s'affaisse.
(17:54)
4

Fallait que j'te dise, j'ai perdu l'avant-bras.
(02:17)
3

Ça faisait quelques pensées que je frappais l’épuisement contre l’ennui pour avoir une définition. Un définition du carnage, justement.
(02:09)
2

La pluie. Elle ne faisait que réveiller les vilaines odeurs.
(01:31)
1

360 les âmes en berne, je fais l’amour, à l’illusion. A l’autre l’attirance des mots flous et ton insuffisance, obsolète, à trouver au probable un possible de corruption, que je ne puisse jamais être sûr d’être satisfait – au moins je reste, même inerte, au moins je dresse, une cartographie de l’interrogation. Et tu n’as de moi que cette insécurité, grotesque, que le cœur pousse à la curiosité.

360 le contour de l’objet, la résonance du croissant.

J’ai suivi Lyne. Et le beurre sous ses pas. Les parfums avachis des jours gâtés quand au petit réveil c’est de l’huile que tu pleures parce que tu es nu sans pareils et que tu ne connais plus rien des autres jours sauf cette odeur encrassée de sommeil qui te sature chaque tournure de veine. Lyne avait cette idée-là d’être première, d’autre origine, d’épouser l’air un peu comme un poison – ne pas sentir seul le sacrifice, mais initier. Glisse-moi dessus, dis-moi soleil est-ce que je te libère de l’implosion.

360 gouttes autour du fil, et le carbone qui dit combien de temps peste à lécher la cire sur la peau des plus offrants, des pluies dociles. Et bien que les enfants soient déserts les plus difficiles c’est bien le mimétisme de défense qui en trahit l’impertinence, la réverbération, et tous ces cailloux qui sévissent en travers de leurs voix.

Parfois je caresse l’écran.